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18 juillet 2019
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LE SLOGAN DE LA PRÉSIDENCE ROUMAINE AU CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE

„LA COHÉSION, UNE VALEUR COMMUNE EUROPÉENNE“

(„COHESION, A COMMON EUROPEAN VALUE“ / „COEZIUNEA, O VALOARE COMUNĂ EUROPEANĂ“)

PREAMBULE

En commencent du 1er janvier 2019, la Roumanie exercera, durant une période de six mois, la Présidence du Conseil de l’Union Européenne, un projet d’importance majeure pour toute la société. Un élément composant la stratégie de promotion d’une Présidence au Conseil de l’Union Européenne est le slogan que l’Etat membre choisit pour se faire représenter durant l’exercice de son mandat.

Le slogan „La cohésion, une valeur commune européenne“ est l’aboutissement des consultations institutionnelles partant des propositions faites par les 21 représentants de prestige du milieu académique, scientifique et publicitaire et intègre la vision que la Roumanie tient de son mandat en tant que Présidente du Conseil de l’Union Européenne en 2019.

REFERENCES CONCERNANT LE SLOGAN

La Présidence roumaine au Conseil de l’Union Européenne arrive dans un moment important pour l’avenir du projet communautaire. Le programme de travail de la Présidence aura en premier rang le citoyen, nos efforts se concentrant surtout sur les dossiers ayant un impact direct et immédiat dans la vie quotidienne des habitants de l’espace communautaire.

Dans ce contexte, à la Présidence du Conseil de l’Union Européenne lui revient la responsabilité importante de contribuer, par les thèmes prioritaires qu’elle portera au débat au renforcement de l’unité dans l’Union, un idéal qui doit être poursuive avec persévérance. D’ailleurs, en exerçant le rôle du médiateur impartial ainsi que de facilitateur de consensus, la Roumanie cherchera à assurer la cohésion des Etats membres devant les défis courants mais aussi dans le besoin de redéfinir ensemble le futur de l’Union Européenne.

Cet effort, auquel la Présidence roumaine est prête à s’engager, tient comme objectif la croissance de la crédibilité de l’Union dans les yeux des citoyens européens, leur rapprochement du processus décisionnel de Bruxelles et, implicitement, de rendre plus efficace le fonctionnement du projet européen. La cohésion du bloc communautaire est souvent évoquée dans les discours des leaders européens. Par exemple, dans la préface de la „Carte Blanche concernant le Futur de l’Europe“, le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, évoquait le principe de l’unité des Etats membres, portant mention du fait que „au fur et à la mesure où nous décidons notre voie, nous devrions nous rappeler que l’Europe a été toujours dans sa meilleure forme lorsque nous avons donné preuve d’unité, de courage et de conviction que nous pouvons façonner notre avenir ensemble“.

Par le slogan „La cohésion, une valeur commune européenne“ nous souhaitons renforcer l’importance du retour aux objectifs fondamentaux de la construction communautaire. Ainsi la cohésion peut être considérée comme une valeur commune élémentaire pour la cohérence et la capacité de l’Union Européenne d’accomplir les objectifs tel qu’il en résulte de l’art. 3 du Traité concernant l’Union Européenne, qui prévoit le fait qu’un des objectifs communs les plus importants est la promotion de la cohésion économique, sociale et territoriale entre les Etats membres. Apparue en tant que mécanisme dès 1957 et partie des politiques régionales, la cohésion a acquis une dimension propre en 1988, lorsqu’elle a été définie en tant instrument essentiel pour atteindre la convergence économique, sociale et territoriale au niveau l’Union Européenne. En 1993, par le Traité de Maastricht, la même politique gagne un fond spécifique et connait une croissance significative du budget alloué faisant de ce mécanisme le principal instrument de support pour le développement au niveau européen.

Au fil du temps, la politique de cohésion s’est adaptée aux nouveaux défis afin de stimuler une croissance intelligente, soutenable et inclusive au niveau de l’Union Européenne. Dans le contexte où, sous la Présidence roumaine au Conseil de l’Union Européenne, au premier semestre de l’année 2019, L’Europe traverse une période de réflexion au sujet du futur Cadre Financier Pluriannuel, ainsi que l’analyse des résultats de la Stratégie „Europe 2020“, le fait de mettre en avant la cohésion dans son slogan devient essentiel pour rappeler aux Etats membres l’importance de cette politique pour les objectifs fixés par la construction européenne. Le message indirect transmis par le slogan concerne l’importance de la politique de cohésion et de son rôle essentiel dans l’atteinte de l’objectif de réduction des décalages économiques, sociaux et territoriales entre les Etats membres, les régions et les citoyens de l’Union Européenne. La responsabilité qui revient à notre nation, tenant aussi compte de symboles du Centenaire de la Grande Union, est de rester fidèle au crédo européen et d’inciter à l’unité, au respect et à la confiance réciproque entre les Etats membres, ainsi qu’au traitement égal pour tous les citoyens de l’Union Européenne.

Le concept de la cohésion européenne a été aussi évoqué en maintes occasions par des personnalités historiques de prestige de la Roumaine. Ainsi, Nicolae Titulescu (1882 – 1941), ministre des Affaires Etrangères (1927 – 1928, 1932 – 1936) et du président de l’Assemblée Générale de la Société des Nations (1930, 1931), affirmait dès 1928: „La politique de la Roumanie est dominée par une parfaite convergence entre les intérêts roumains et européens. Toutes nos actions présentes et futures dans le domaine de la politique externe sont et seront engendrées par cette prémisse fondamentale “.

Les 22 discours rassemblées dans le volume „Plaidoiries pour la Paix“, montrent clairement l’orientation pro-européenne de Nicolae Titulescu, sa foi dans le rôle de l’Europe et, de plus encore, dans le devoir de l’Europe d’assumer ce rôle dans le bâti d’un monde meilleur car, disait-il, „des millions ont péri durant la Grande Guerre afin qu’une nouvelle vie internationale puisse voir le jour“. Nombreuses sont les idées de Titulescu qui ont prouvé sa capacité visionnaire: „Pour aussi longtemps que les états ne mettront pas en commun, selon un plan rationnel, leurs capacités de production et de consommation, la paix sera toujours menacée“. D’ailleurs, pour le diplomate roumain, l’Europe n’était rien d’autre qu’un tout entier: „L’Europe est à la recherche de son unité. Tous ensemble, unis, comment pourrions-nous encore douter la victoire?“.

En 1934, une autre démarche est partie de la Roumanie, ayant comme but l’unification de l’Europe, celle-ci a été „L’appel Esperanto pour la réalisation des Etats Unis de l’Europe“: „Européens: 1. Avec toute l’opposition et contre tous, ayez confiance dans l’Union Européenne; 2. A l’occasion des élections nationales, ne votez que pour un parti militant en faveur de la création d’une zone économique européenne unifiée; 3. Diffusez auprès des parlements nationaux européens l’idée de l’institution d’un parlement commun; 4. Demandez la constitution d’une armée européenne commune et l’introduction d’une monnaie européenne unique; 5. Demandez un statut autonome pour des états, des régions et des citées dans le cadre des Etats Unies de l’Europe; 6. Que les études soient faites dans un esprit européen; 7. Respectez les autres nationalités; 8. Luttez pour libérer l’économie du fardeau de la bureaucratie; 9. Luttez pour des lois et des institutions permettant le développement social; 10. Qui se bat pour l’Union Européenne favorise la paix mondiale“. Vingt ans plus tard ces idées ont posé les fondations de la Communauté Européenne.

Grigore Gafencu (1892 – 1957), ministre des Affaires Etrangères durant la période 1938 – 1940, s’est dédié, particulièrement durant son exile, à la promotion de l’idée d’unité européenne après la Seconde Guerre Mondiale. Dans ses nombreux exposés, Gafencu a souligné les raisons principales pour favoriser la cohésion au niveau européen: un renouveau économique des Etats européens, assurer une sécurité commune, ainsi que le maintien de la paix en organisant un organisme politique continental puissant. „Il n’y a qu’une seule Europe! Même si son corps est mutilé et partagé, l’idée européenne est indivisible. L’Europe ne peut renaitre dans l’Ouest si elle se meurt à l’Est. Nulpart le mot Europe ne trouve un écho plus fort que dans les Etats de l’Est. L’idée d’une unité européenne porte dans la pensée de toute une moitié de continent la promesse de la paix et, par conséquent, la promesse de la libération“, affirmait Grigore Gafencu en 1948, dans le contexte e la création du Groupement Roumain pour une Europe Unie, coordonné par lui-même et ayant le but de réunir tous les roumains de l’exile qui puisse librement exprimer „leur foi dans l’idée européenne“.

Similairement, la vision de Iuliu Maniu (1873 – 1953), dont la personnalité exemplaire l’a imposé en tant qu’un des artisans de la Grande Union, premier ministre de la Roumanie durant 1928 – 1930 et 1932 – 1933, ne s’arrêtait pas à l’idéal de l’unification nationale, mais visait l’idéal de la cohésion européenne, désir ayant représenté une constante de sa vision durant la période entre les deux guerres. Maniu accordait la priorité à l’intégration économique dans le processus d’unification européenne: „Pour aussi longtemps que les 30 menus Etats de l’Europe se donnent la guerre, avec des frontières douanières en perpétuel changement et de jour au jour plus gonflées, les marchandises européennes – de plus en plus chargées de taxes et de douanes d’un pays à l’autre, avec des communications qui se croisent et se paralysent dû aux empêchements administratifs et monétaires et surtout dans l’atmosphère empoisonnée par des inimitiés politiques – ne peuvent pas faire face à la concurrence“.

Une autre personnalité de l’époque, Dimitrie Gusti (1880 – 1955), philosophe, sociologue, éthicien et professeur, ancien président de l’Académie Roumaine, considérant l’unification européenne comme une loi sociologique objective, a engagé l’Institut Social Roumain à soutenir cette idée, amplifiant son débat public. „Le problème européen est, premièrement, une question de conscience européenne et de patriotisme européen. Le patriotisme européen doit être créé ainsi que, pourrions-nous dire, la sécurité psychologique. Nous parlons des sécurités politiques et économiques, mais ce qui manque en fait est la sécurité psychologique. L’Europe est quelque chose de dynamique, qui devient et deviendra telle que les Européens sauront la construire. L’Europe traverse une crise mortelle, non pas à cause de la faiblesse de l’âge, mais parce qu’elle n’est pas organisée, car dans un espace restreint vivent 27 États dans un état de terrible anarchie. Mais l’Europe est un continent humain, une création spirituelle, une magnifique manifestation de volonté et de pensée. L’Europe ne signifie pas un territoire, mais une idée socio-spirituelle, c’est la société des peuples européens. Une fédération européenne ne fera pas concurrence à la Société des Nations, mais devra devenir son meilleur auxiliaire, contribuant à sa force de cohésion“, affirmait-il dans la conférence publique à la conclusion du cycle organisé par l’Institut Social Roumain pour l’année 1929-1930, „Expérience sociale et politique contemporaine“.

Finalement ; dans la lumière de la célébration en 2019, des 160 ans depuis l’Union des Principautés Roumaines obtenue sous la règne du prince Alexandru Ioan Cuza (1820 – 1873), et de la première devise nationale, „Tous en un“, nous pouvons considérer le slogan „ La cohésion, une valeur commune européenne“ comme un appel de la Présidence du Conseil de l’Union Européenne à l’unité et à la cohérence dans la perspective de l’adoption des nouvelles voies d’action qui puissent garantir une Union Européenne forte, étant proche et répondant aux besoins de ses citoyens.

 

POURQUOI NOUS AVONS CHOISI  « LA COHÉSION, VALEUR COMMUNE EUROPÉENNE » EN TANT QUE MOTTO DE LA PRÉSIDENCE DE LA ROUMANIE AU CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE

L’Union Européenne est fondée sur l’engagement commun de tous les États Membres de promouvoir et de consolider la paix, la stabilité et la prospérité de manière cohésive, en agissant ensemble et en partageant un ensemble de valeurs communes, tout en respectant et en englobant la diversité linguistique et culturelle de chaque État Membre.

Les principes fondateurs et les politiques traditionnelles ont été au cœur de l’Union Européenne et ont contribué constamment au développement du projet européen. Dans l’évolution du projet européen, la concept de la cohésion a orienté les actions et les politiques européennes visant « à renforcer l’unité des économies et à assurer leur développement harmonieux en réduisant les disparités existantes entre les différentes régions et les disparités entre les régions moins favorisées » tel que stipulé dans le préambule du Traité de Rome de 1957, jusqu’au développement d’une politique de cohésion explicite inscrite dans l’Acte Unique Européen de 1986.

La cohésion, en tant que mécanisme européen et politique européenne, est progressivement devenue le principal instrument d’investissement par le biais des fonds structurels autour desquels d’autres politiques et actions européennes ont été articulées, telles que la politique agricole commune, la politique régionale, la politique commune de la pêche, les transports, l’énergie, les télécommunications.

La cohésion s’est enrichie en permanence avec des nouvelles valences, à commencer par la nécessité d’unité des économies, le développement d’une politique de cohésion européenne naissante (promue par la Commission Européenne après 1970), puis le développement de sa dimension sociale – axée sur le marché du travail, inclusion sociale, infrastructure sociale (de l’Acte Unique Européen de 1986 aux objectifs de Lisbonne) et, progressivement, au développement d’une dimension politique fondée sur une approche intégrée visant à réduire les disparités entre les États Membres dans des domaines transversaux (après 1988). Ainsi, la cohésion a été investie d’un rôle essentiel dans le développement harmonieux du projet européen et constitue la prémisse principale du renforcement de l’Union à l’avenir.

Au delà des repères historiques et du rôle consacré du principe de la cohésion dans le développement du projet européen, les défis de la dernière période relève plus fort encore le besoin de consolider l’unité et la cohésion de l’Union Européenne. Les leaders européens ont évoqué en permanence, surtout dans le contexte des défis courants, le besoin de consolider le sentiment de cohésion européenne comme étant la meilleure voie d’agir pour une Europe plus unie et plus forte.

L’exercice du premier mandat de Présidence tournante du Conseil de l’Union Européenne par la Roumanie se déroule dans le contexte de certaines développements et dynamiques sur la scène politique européenne et internationale marquants l’avenir du projet européen dans son ensemble, ce qui rend plus que jamais nécessaire le renforcement de l’union et de la cohésion européenne. De cette perspective nous avons considéré nécessaire de placer la Cohésion en tant que thème central et élément définitoire pour le profile et les lignes d’actions de ce mandat. Le motto de la Présidence roumaine au Conseil de l’Union Européenne, « La cohésion, valeur commune européenne », illustre notre conviction que la vision que nous développons pour l’avenir doit s’articuler autour du principe de cohésion, couvrant de nombreuses réalités que nous devons adapter au niveau européen .

La négociation complexe du futur budget de l’Union Européenne – le Cadre Financier Pluriannuel 2021-2027, le processus de retrait du Royaume-Uni de l’Union Européenne, les élections au Parlement Européen et le processus de réflexion sur l’avenir de l’Europe sont des processus interdépendants à grande échelle qui seront déroulés au premier semestre de 2019.

La Présidence roumaine au Conseil de l’Union Européenne se propose de faciliter les travaux du Conseil de l’Union Européenne dans ce contexte complexe en promouvant la cohésion dans toutes les trois dimensions.

Premièrement, il est nécessaire de renforcer la cohésion  d’action politique pour nous aider à rétablir le lien entre les États Membres, les institutions européennes et les citoyens. Ainsi, nous considérons la cohésion comme une valeur européenne commune et une expression de l’unité entre les États et les régions de l’Union Européenne.

Parallèlement, la dimension économique de la cohésion est un catalyseur dans la réduction des écarts de développement entre les États Membres et entre les régions et dans le renforcement du marché unique. Nous avons conçu cette valeur de la cohésion économique aussi de la perspective des nouveaux États Membres, pour lesquels une intégration complète dans le marché unique est essentielle pour que ses bénéfices soit visibles pour tous les citoyens.

Enfin et surtout, la cohésion doit également être promue aussi dans sa dimension sociale, comprise également par l’impératif d’assurer la convergence sociale et de préserver les quatre libertés fondamentales du Marché Intérne de l’Union Européenne.

Afin de refléter l’impératif de la cohésion, les priorités de la Présidence roumaine au Conseil de l’Union Européenne ont été déclinées par les quatre piliers d’action – 1. L’Europe de la convergence, 2. L’Europe de la sécurité, 3. L’Europe en tant qu’acteur global et 4. L’Europe des valeurs communes.

Au cadre du premier Pilier – ”L’Europe de la convergence” – la Présidence roumaine au Conseil de l’Union Européenne visera à assurer la convergence et la cohésion en Europe afin d’obtenir des opportunités de développement durables et égales pour tous les citoyens et tous les États Membres, en renforçant la compétitivité et en réduisant les écarts de développement, en favorisant la connectivité et la numérisation, en stimulant l’esprit d’entreprise et en consolidant la politique industrielle.

Au cadre du deuxième Pilier – « L’Europe de la securité » – la Présidence roumaine au Conseil de l’Union Européenne visera à consolider une Europe sûre grâce à une cohésion accrue entre les États Membres face aux nouveaux défis de sécurité qui menacent la sécurité des citoyens et en soutenant les initiatives de coopération dans ce domaine.

Au cadre du troisième Pilier – « L’Europe en tant qu’acteur global » – la Présidence roumaine au Conseil de l’Union Européenne soutiendra le renforcement du rôle global de l’Europe en promouvant la politique d’élargissement, par l’action de l’Union dans son voisinage, par la continuation du processus de mise en œuvre de la Stratégie Globale et en garantissant les ressources nécessaires pour l’Union et la mise en œuvre de tous les engagements globaux de l’Union Européenne.

Au cadre du quatrième Pilier – « L’Europe des valeurs communes » – la Présidence roumaine au Conseil de l’Union Européenne visera à stimuler la solidarité et la cohésion de l’Union par la promotion des politiques luttant contre la discrimination, des politiques pour l’égalité des chances et le traitement égal des hommes et des femmes, ainsi que en impliquant davantage les citoyens, en particulier les jeunes, dans les débats européens.

Par cette approche inclusive et constructive, la Présidence roumaine au Conseil de l’Union Européenne entend assurer la continuité et réaliser des progrès tangibles dans l’agenda européen actuel, dans l’intérêt de tous.