19.8 C
Bucharest
26 septembre 2020
Actualité Emploi et politique sociale

Les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes et des investissements dans le développement des compétences, des thématiques discutées pendant la première journée de la Réunion informelle du Conseil EPSCO

La présidence roumaine du Conseil de l’UE s’est penchée, pendant la première journée de la réunion informelle du Conseil pour l’emploi, la politique sociale, la santé et les consommateurs (EPSCO), sur des sujets visant à favoriser la participation des femmes sur le marché du travail, à les encourager et à les soutenir dans des formes atypiques de travail, à réduire l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes et sur la problématique des femmes et des filles handicapées sur le marché du travail.

Les débats de la première partie de la réunion ont été conduites par le ministre roumain du travail et de la justice sociale, Marius Budăi, et ont visé à favoriser la participation des femmes sur le marché du travail et à encourager et soutenir leur implication dans de formes atypiques de travail. Marianne Thyssen, commissaire européenne chargée de l’emploi, affaires sociales, compétences et mobilité des travailleurs et Heinz Koller, directeur régional pour l’Europe et l’Asie centrale de l’Organisation internationale du travail ont pris aussi part aux débats.

Dans l’ouverture, le ministre du travail roumain a affirmé que pour améliorer l’accès des femmes sur le marché du travail, il est nécessaire d’adopter un vaste éventail de mesures censées éliminer les stéréotypes relatifs aux rôles de genre et il est essentiel d’assurer un cadre normatif par le biais duquel les femmes puissent bénéficier d’une indépendance économique réelle.

Au niveau de l’Union européenne, environ 27,5% des femmes âgées de plus de 16 ans ont une limitation de l’activité, comparativement avec 23,0% des hommes de la même tranche d’âge. La législation de l’UE offre une protection contre la discrimination fondée sur le sexe en ce qui concerne l’emploi et l’interdiction de la discrimination en raison du handicap.

L’écart entre le taux d’emploi des hommes et des femmes reste une preuve du potentiel gâché. Les femmes et les filles ont un niveau plus élevé d’éducation que les hommes, mais elles sont sous-représentées, par exemple dans l’encadrement supérieur et dans le secteur STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques).

« Même s’il y a des différences entre les États membres, la différence moyenne du taux d’emploi entre les femmes et les hommes est de 11,6 % dans tout l’UE et de 18,2% en équivalent-temps-plein », a déclaré le ministre du travail, Marius Budăi.

Le responsable roumain a souligné la nécessité d’entreprendre des actions qui facilitent l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée et de prendre des mesures qui atténuent les désavantages structurels avec lesquels les femmes se confrontent sur le marché du travail, surtout un chômage élevé, un taux réduit de participation sur le marché du travail, de même que des interruptions de carrière dues aux responsabilités domestiques.

« Avec un écart global d’emploi de 11,5 points inférieur à celui des hommes et avec un écart de rémunération entre les femmes et les hommes de 16%, l’égalité entre les hommes et les femmes reste toujours un défi dans l’UE. Ceci représente un aspect négatif pour notre société dans son ensemble : la perte économique à cause du déficit d’emploi est d’environ 370.000.000.000 EUR par an. La Commission a proposé des mesures législatives concrètes pour améliorer cette situation. La directive concernant l’équilibre entre la vie professionnelle et celle de famille, récemment adoptée, contribuera à la croissance de la participation des femmes sur le marché du travail. En rééquilibrant les responsabilités de soins entre les femmes et les hommes, ils auront une possibilité réelle de combiner le travail et la vie de famille. Au-delà de la législation, nous continuons à faire un suivi de la situation sociale et de l’emploi des femmes par le biais du semestre européen. Finalement, nous avons investi 2.2 millions EUR du FSE dans l’égalité entre les sexes depuis 2014. En conclusion, l’égalité entre les sexes devrait rester au centre du débat sur l’avenir de l’Europe », a déclaré la commissaire européen Marianne Thyssen.

Le ministre du travail, Marius Budăi, a affirmé également que l’automatisation et la numérisation accélérés par une croissance rapide de l’intelligence artificielle représentent une source importante de croissance économique et de création d’emploi, mais en même temps elles déterminent aussi une croissance du besoin de qualification des employés dans certains secteurs clé et une série de défis dans le domaine social.

Le responsable roumain a expliqué que pour répondre à ces défis, des investissements dans le développement des compétences sont nécessaires, pour appuyer l’emploi, la participation pleine des femmes et des hommes au marché du travail et l’adaptation aux changements technologiques et économiques.

Les débats de la deuxième partie de la réunion ont été conduits par le ministre roumain du travail et de la justice sociale, Marius Budăi, et ils ont visé la problématique des femmes et des filles handicapées sur le marché du travail et la réduction de l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes. Virginija Langbakk, directrice de l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes et Aurelia-Grațiela Drăghici, présidente de l’Agence nationale pour l’égalité de chances entre les femmes et les hommes (ANES) ont pris aussi part aux débats.

Dans son l’intervention eu dans le cadre de cette session, Marius Budăi a précisé que les données de l’Eurofund montraient qu’en 2016 le taux d’emploi des femmes handicapées étaient de 45,9%, étant plus réduit que celui des hommes de la même catégorie : 50,6%.

Pour les femmes handicapées, les taux bas d’accès aux programmes d’éducation et de formation professionnelle, de même que l’absence des opportunités d’accès sur le marché du travail entraînent un manque de compétences et de qualifications professionnelles.

Par conséquent, la politique globale doit être transposée dans le contexte national par la consolidation des politiques publiques pour les femmes handicapées, de manière à réduire significativement les inégalités avec lesquelles se confrontent les femmes handicapées, dans tous les domaines de la vie publique et privée.

Le ministre du travail a affirmé également que la réduction de l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes reste une priorité politique au niveau de l’UE et à niveau national, vu que les chiffres indiquent le fait que dans l’UE, en moyenne, le salaire brut horaire des femmes est de 16% (2017) inférieur à celui des hommes, et l’écart s’est réduit en petite mesure depuis l’année 2010, quand il a été de 17,1%.

Les conclusions du débat ont montré que pour améliorer l’accès des femmes sur le marché de travail, une collaboration entre les gouvernements, les entreprises et les partenaires sociaux est nécessaire pour assurer des emplois sûrs, des conditions de travail décentes et des environnements de travail flexibles pour les femmes et les hommes.

Après la finalisation des travaux de la première journée du Conseil EPSCO informel, le ministre du travail et de la justice sociale a participé au débat intitulé « La numérisation et les nouvelles formes d’emploi – leur impact sur le marché du travail et sur les systèmes de protection sociale », dans le cadre du Groupe de haut niveau qui réfléchit à l’avenir de l’emploi et des politiques sociales.

Marius Budăi a affirmé, à cette occasion, que la numérisation représente une source importante de croissance économique et de création d’emplois, qui a facilité la création de nouveaux services et produits, meilleurs, avec moins de ressources et a diminué les exigences physiques et l’exposition à des activités dangereuses au travail.

Le Groupe de haut niveau qui réfléchit à l’avenir de l’emploi et des politiques sociales a été créé par la Présidence bulgare du Conseil de l’Union européenne, pour réfléchir au sujet de l’avenir de l’emploi et des politiques sociales de l’UE.

Related posts

Alexandru Petrescu, lors de la conférence « E-commerce Interactive Dialogue » : nous avons fait des pas significatifs pour l’élaboration de politiques publiques en matière de commerce électronique, dans l’intérêt des citoyens roumains et des entreprises

Alexandru Stefan

Communiqué de presse sur la réunion informelle des ministres de la Défense de l’UE, Bucarest, 30 – 31 janvier 2019

Alexandru Stefan

Les experts de l’UE dans le domaine de la sécurité sociale se réunissent le 23 et le 24 mai à Bucarest

Alexandru Stefan