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22 mai 2019
Actualité Affaires étrangères

La Roumanie prévoit d’aborder l’enjeu des Balkans après les élections

La présidence roumaine entend intensifier les négociations d’adhésion de la Macédoine et de l’Albanie. Mais seulement après les élections de mai prochain.

Pour George Ciamba, ministre roumain aux Affaires européennes, il est temps de faire avancer les perspectives européennes des Balkans occidentaux. L’une des responsabilités de son pays durant les six mois de sa présidence européenne, sera de renforcer le message d’unité après le départ du Royaume-Uni de l’UE, le 29 mars, a-t-il ajouté, lors d’un entretien avec Euractiv.

« Le message d’unité devrait dominer. La présidence roumaine envisage le sommet de Sibiu [le 9 mai] sous cet angle. Si nous pouvons envoyer un message fort de là-bas, ce sera de bon augure pour les élections européennes. »

Mais l’élargissement de l’UE, qui n’a guère progressé depuis l’adhésion de la Croatie en 2013, est aussi « une priorité ». « Nous sommes des enfants de l’élargissement, nous connaissons très bien la valeur d’une adhésion. »

« Pour nous, comme pour la Bulgarie et l’Autriche qui nous ont précédés et la Croatie qui nous succédera, c’est une question qui doit être traitée de manière commune. Nous devons saisir toutes les occasions qui s’offrent à nous », a-t-il insisté.

« Ce n’est pas facile. Il y a encore des malentendus politiques dans certains États membres et le climat électoral n’aide pas », admet-il. « Mais il y a une fenêtre d’opportunité et nous sommes prêts à faire tout ce qui est nécessaire pour faire avancer les choses, avec l’aide des pays concernés, qui doivent mener leurs propres réformes. »

L’intégration des Balkans occidentaux a été au centre de la présidence bulgare au premier semestre 2018, mais la question était moins prioritaire pour la présidence autrichienne qui lui a succédé. La Finlande et la Croatie doivent assurer les deux prochaines présidences .

George Ciamba a salué l’accord dit de Prespa, conclu entre Skopje et Athènes en juin dernier après près de 30 ans de conflit sur le nom du voisin nord de la Grèce. « Une réussite importante qui ne doit pas être gaspillée. » L’accord doit être validé ce 24 janvier en Grèce, où l’opposition est forte.

Il regrette que certains observateurs ne voient pas la valeur ajoutée de cet accord. « S’il est ratifié en Grèce, nous aurons un exemple clair du « soft power » de l’Europe, du pouvoir qu’elle a pour donner de l’espoir, et gagner des cœurs et des esprits dans les pays qui sont si désireux d’y adhérer. »

« C’est encore plus rafraîchissant à un moment où d’autres veulent quitter l’Union, ou sont sur le point de la quitter », ajoute-t-il.

Si l’accord de Prespa est approuvé par le parlement grec, l’ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) changera officiellement de nom pour devenir la Macédoine du Nord, ce qui devrait débloquer son adhésion à l’UE et à l’OTAN.

« Nous devons soutenir autant que faire se peut l’accord de Prespa. C’est un exemple important qui pourrait créer un élan pour résoudre d’autres problèmes dans la région », affirme le ministre roumain.

Sur les six candidats à l’adhésion à l’UE des Balkans occidentaux, seuls le Monténégro et la Serbie ont ouvert des négociations d’adhésion. L’ARYM et l’Albanie sont officiellement candidates, mais sans date d’entrée prévue. La Bosnie et le Kosovo sont encore moins avancés.

George Ciamba espère pouvoir ouvrir les négociations, ou au moins fixer un calendrier à la réunion « affaires générales » du Conseil prévue pour juin. « Je ne voudrais pas en dire trop maintenant, le danger est que si nous en disons trop au stade initial, cela pourrait être utilisé lors de la campagne électorale, et ce n’est pas souhaitable. Ce sera le premier sujet que nous aborderons après les élections. »

Quant à son propre pays, le ministre se dit confiant dans la gestion roumaine de la présidence, qui devrait accroître ses chances de rejoindre l’espace Schengen, dont Bucarest et Sofia sont exclues depuis 11 ans. « Notre performance sera bonne, excellente même, et elle laissera quelque chose de concret à l’Europe », affirme-t-il.

« Nous sommes pleinement convaincus que cela aura un effet positif sur la question de Schengen pour la Roumanie, comme ce fut le cas pour la Bulgarie », qui a assuré la présidence début 2018.

Il assure que la Roumanie remplit les critères d’adhésion à Schengen, ce qui est également l’avis de la Commission.

« Nous répondons aux critères, nous avons beaucoup investi, nous sommes pleinement conscients que nous serons alors responsables de la frontière extérieure de l’Europe et qu’elle doit être renforcée. »

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