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16 février 2019
Actualité

Discours du Président du Sénat, Călin Popescu-Tăriceanu, à la cérémonie de lancement de la Présidence de la Roumanie au Conseil de l’Union Européenne

Cher Monsieur Antonio Tajani, Président du Parlement Européen,
Cher Monsieur  Donald Tusk, Président du Conseil Européen,
Cher Monsieur  Jean-Claude Juncker, résident de la Commission Européenne,
Monsieur le Président Klaus Iohannis,
Madame la Première-Ministre Viorica Dăncilă,
Chers invités,

Premièrement, je souhaite vous adresser à tous les meilleurs vœux pour le Nouvel An.
Avant 1989 je rêvais de l’Europe, comme des nombreux d’autres roumains. J’ai d’abord appris sur l’Europe au sein de la famille, tout en traversant des moments difficiles. Ma famille et mes lectures m’ont appris ce qu’est l’Europe: culture et civilisation, justice et responsabilité, initiative et imagination et, par-dessus tout, liberté. Après la chute du communisme, mon rêve d’Europe est devenu une aspiration qui pouvait être partagée en public. Quelques personnes se souviennent voire s’en soucient de l’enthousiasme des citoyens roumains au cours du processus d’intégration. J’ose même affirmer qu’on est toujours, à présent, le pays avec la plus européenne orientation au sein de l’Europe.

Les roumains ont toujours regardé leur européanité comme quelque chose de naturel, une partie importante de leur identité nationale. Je dois confesser que mon rêve et mon aspiration liée à l’Europe s’est transformé en une de mes plus chers succès personnels.

En qualité de premier-ministre, j’ai eu le privilège et la responsabilité de conclure les négociations et de conduire la Roumanie au moment de son intégration dans l’Union Européenne, le 1er janvier 2007. Entre-temps, la Roumanie a progressé en tant que nation européenne, même si le niveau de vie, la qualité des droits et libertés individuels, ainsi que probablement le Produit Interne Brut, devrait encore être améliorés par rapport à la moyenne européenne, mais ils ont augmenté par facteur cent au cours des trois dernières décennies. Par exemple, nous jouissons d’un tel degré de liberté d’expression qu’il est parfois difficile de comprendre ce qui se passe réellement en politique ou dans l’économie, car il existe de nombreuses versions concurrentes de la réalité fournies par les médias et les réseaux sociaux.

Cependant, il est juste de dire que la dimension globale de l’État roumain, représentée par l’administration publique, le système de santé, l’éducation, le système de travail et le système de sécurité sociale, ont été presque entièrement européanisées. Toutefois, je ne peux pas dire la même chose sur la dimension cohésive de l’État. Comme des fossiles du passé communiste, certaines institutions et certains décideurs s’accrochent encore au pouvoir sans encombres dont ils disposaient auparavant. Ces acteurs ont simplement remplacé l’idéologie de la légalité socialiste par celle de l’état de droit, préservant leurs habitudes et affirmant le même manque de responsabilité dont ils jouissaient collectivement avant 1989. J’espère que pendant la présidence du Conseil de l’UE, les autorités de mon pays seront en mesure de montrer ce qui se passe avec ce paradoxe. Je suis convaincu que celle-ci clarifieront pour le public quelles sont les institutions qui ont incontestablement été transformées dans l’esprit européen et lesquelles d’entre elles sont encore attachées au passé, parfois sous un déguisement européen. De telles clarifications devraient fournir des raisons suffisantes pour les collègues européens, de Bruxelles ainsi que des États Membres, pour qu’ils abandonnent certains des préjugés actuels regardant la vie publique en Roumanie.

J’encourage donc toutes les parties impliquées dans cette présidence à prendre conscience de l’héritage laissé par les pères fondateurs. Il y a 70 ans, les fondateurs de l’Europe avaient prédit que celle-ci serait une communauté et non pas simplement une organisation internationale ou une association d’États. Dans cet esprit, notre Union s’est depuis transformé ou, mieux encore, aurait dû devenir depuis une communauté de communautés, de gouvernements, de sociétés et de citoyens fondée sur la confiance, la solidarité et le respect mutuel. Les pères fondateurs avaient probablement leur propre rêve. Ils ont eu la vision d’une Europe libre de toute forme de politique par dictat et d’arrogance nationale ou bureaucratique, une Europe sans pouvoirs en chef et États en deuxième vitesse. Pour chacun d’entre nous, les élections européennes prochaines représentent une opportunité de transformer en réalité le rêve es fondateurs, pour que l’UE soit une union complètement démocratique, sans populisme et sans dirigisme politique.

Je vous remercie!

 

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