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26 avril 2019
Actualité Préparations de la Présidence

Présentation des thèmes d’intérêt de la Présidence roumaine au Conseil de l’Union Européenne dans la séance commune de la Chambre des Députés et du Sénat de la Roumanie

La première ministre de la Roumanie, Viorica Dăncilă, a présenté le 20 juin 2018, durant la séance plénière de la Chambre des Députés et du Sénat la situation du processus de préparation et les thèmes d’intérêt de la Présidence de la Roumanie au Conseil de l’Union Européenne, mandat que notre pays exercera durant la période de 1er janvier au 30 juin 2019. Durant l’exercice de la Présidence, la Roumanie représentera le Conseil de l’Union Européenne en dialogue avec les autres institutions européennes, particulièrement avec la Commission Européenne et le Parlement Européen, œuvrant aussi en étroite coordination avec le Président du Conseil Européen dans le cadre du processus décisionnel. La Présidence tournante assure la gestion courante de l’agenda européen et préside les formations sectorielles du Conseil à tous les niveaux (ministériel, des ambassades et technique), à l’exception du Conseil des Affaires Étrangères. La Présidence doit agir en tant que médiateur impartial, se concentrant principalement sur la présentation des propositions de compromis, capable de porter à l’adoption des positions communes des États Membres.

 Le discours du premier ministre Viorica Dăncilă durant la séance commune de la Chambre des Députés et du Sénat – présentation de la situation du processus de préparation et des thèmes d’intérêt qui seront à la base du programme de travail de la Présidence de la Roumanie au Conseil de l’UE

Monsieur le Président du Sénat,

Monsieur le Président de la Chambre des Députés,

Mesdames et Messieurs les députés et les sénateurs,

Chers invités,

Le 1er janvier 2019, la Roumanie assumera pour la première fois la Présidence du Conseil de l’Union Européenne. Ce mandat se déroulera dans un contexte européen et international complexe et nous devons tenir compte des actuels processus d’envergure qui façonneront l’Union Européenne, ainsi que de la réflexion sur l’avenir de l’Union Européenne, le processus de sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne, la transitions vers un nouveau cycle législatif suite aux élections européennes et, implicitement, la fin du mandat de la Commission Européenne et du Parlement Européen, respectivement les négociations des documents stratégiques de référence de l’Union, tel que le nouveau cadre stratégique d’action post-2019, l’Union Économique et Monétaire et le futur Cadre Financier Pluriannuel.

Au même temps, les défis paraissent de plus en plus importants, dans les conditions du maintien d’un degré assez élevé d’instabilité au niveau global. Tout ceci oblige l’Union d’assumer un rôle plus important au plan international, en accord avec la Stratégie globale, qui continuera à être mise en œuvre. La Présidence de la Roumanie au Conseil de l’UE a ainsi l’opportunité de s’impliquer, soutenant le Haut Représentant pour la politique externe et la politique de sécurité et en collaboration avec le Service Européen d’Action Externe, dans l’activité de représentation externe de l’Union et les activités comprises dans la Stratégie globale de l’UE.

Il y a néanmoins d’autres dynamiques pour lesquelles nous devons nous préparer. Afin de consolider le projet européen, il est aujourd’hui plus que jamais nécessaire de renforcer le lien entre les citoyens et l’Union, en les impliquant de plus en plus activement dans les processus décisionnels.

L’exercice de la Présidence du Conseil de l’Union Européenne est, par définition, un exercice technique par excellence. Toutefois, un tel mandat nécessite le support du Parlement et l’engagement de tous les représentants de la Roumanie dans les différents formats européens. Pour cette raison, dans le processus d’élaboration des thèmes d’intérêt dans la perspective de la Présidence de la Roumanie au Conseil de l’Union Européenne, le Gouvernement de la Roumanie a sollicité des points de vue de toutes les institutions publiques, au Parlement de la Roumanie, à l’Administration présidentielle, à nos représentants au Parlements Européen, au Comité Européen des Régions et au Comité Économique et Social Européen. Pour un mandat de succès nous devons travailler ensemble.

Dans le contexte, la Présidence de la Roumanie au Conseil de l’Union Européenne se propose de faire preuve de vision et d’esprit innovant, restant au même temps dans les limites traditionnelles de l’exercice d’une Présidence du Conseil de l’UE.

La Roumanie aura l’opportunité d’assumer la Présidence du Conseil de l’UE dans une période caractérisée par l’effort conjoint des États Membres de l’Union à identifier des réponses aux défis majeurs auxquels se confronte le projet européen et de définition de son évolution durant les dix ans à venir, dans le désir de sécuriser les biens publics que celui-ci a offert dès le début: paix, liberté, stabilité, prospérité, solidarité sociale ou cohésion.

Dans le cadre de cet effort collectif, la Roumanie pourra faire preuve de fermeté dans le soutien de la consolidation du projet européen, respectant pleinement l’engagement de continuer à fournir ces biens publics. Ce principe représentera, d’ailleurs, l’ancre de toutes les actions que la Roumanie développera durant les six mois de mandat.

Nicolae Titulescu, un grand visionnaire de l’unité européenne, affirmait il y a près d’un siècle: „La politique de la Roumanie est dominée par une parfaite convergence entre les intérêts roumains et les intérêts européens. Tous nos agissements présents et à venir dans le domaine de la politique externe sont engendrés et le seront encore de cette prémisse fondamentale“.

Ainsi l’exercice par la Roumanie de la prochaine Présidence au Conseil de l’UE représentera une opportunité de prouver la volonté politique et la capacité administrative nécessaires pour contribuer au renforcement de l’unité et de la cohésion des États Membres basée sur un modèle de coopération viable et inclusif; sur la solidarité entre les États Membres et entre les différents segments du corps social qui mèneront à une Union plus forte, capable d’actions efficace en interne tout comme à son extérieur, en faveur et au bénéfice des citoyens européens.

Outre les quelque 1 400 réunions qui se tiendront à l’extérieur du pays, nous souhaitons organiser 300 autres manifestations et réunions des groupes de travail en Roumanie. Le gouvernement roumain organisera le Sommet de Sibiu, les réunions ministérielles informelles au Palais du Parlement, ainsi que des actions dans tout le pays, et ce, pour que pendant six mois, les citoyens de Roumanie ressentent cette Présidence comme appartenant à tous. À cet égard, je voudrais remercier les autorités publiques locales pour leur soutien dans l’organisation de ces réunions dans le pays et je suis convaincue que, dans les circonscriptions que vous représentez, vous réagirez de manière positive à nos efforts visant à amener la Présidence dans toutes les régions du pays.

La Roumanie pourra montrer, dans sa qualité de Présidence du Conseil de l’UE, qu’elle est capable de générer des solutions et peut soutenir réellement l’avancement du projet européen qui reste le cadre le plus adéquat pour le développement des États Membres, basé sur les principes fondamentaux de la construction européenne.

La Roumanie, dans son mandat de Présidence du Conseil de l’Union Européenne, agira de manière coordonnée dans un format de Trio de Présidences, à côté de Finlande et de Croatie.

En tant le premier État membre du Trio, la Roumanie écrira son Programme de travail au même temps que le Programme de travail du Conseil pour 18 mois, ce qui donne la possibilité d’avoir de la continuité pour atteindre les objectifs assumés.

Durant les six premiers mois du 2019, il y a, ainsi, des responsabilités que la Roumanie devra assumer et des attentes auxquelles elle devra répondre. La préparation de la Présidence doit se faire non seulement en définissant des objectifs et les actions nécessaires pour les atteindre.

L’objectif principal reste la consolidation du statut et de la réputation internationale de la Roumanie en tant qu’’Etat membre de l’Union, capable de mener au bout des responsabilités, poursuivant les objectifs communs européens.

La réputation de la Roumanie sera influencée non seulement de ce qu’elle obtiendra durant son mandat, mais aussi de la manière dont elle aboutira aux résultats.

Nous avons l’occasion de faire preuve de maturité politique, d’un haut professionnalisme dans la gestion des défis institutionnels complexes, ainsi que des capacités de négociation et de construction du compromis durant les négociations dans le système décisionnel européen.

L’exercice, par un Etat membre, de la Présidence du Conseil de l’UE est une manière de prouver sa capacité de générer du consensus au niveau de l’UE dans les dossiers actifs Les attentes concrètes seront de finaliser les négociations législatives sur les dossiers que nous recevrons de la Présidence de l’Autriche le 1er janvier 2019.

Pour cela, la Roumanie agira à Bruxelles, dès le 1er juillet 2018, en tant que “Présidence de l’ombre”, travaillant étroitement avec l’Autriche afin de pouvoir reprendre, sans syncopes, les processus de négociation déroulées au niveau communautaire et d’agir efficacement dès le premier jour de notre mandat.

Ainsi, utilisant l’expertise des institutions européennes mais aussi des Présidences antérieures, nous avons démarré dès l’année dernière les programmes de formation des plus de 1.500 fonctionnaires impliqués dans ce processus.

Par la substance des discussions du cadre des réunions informelles organisées Roumanie, nous allons également pouvoir présenter plusieurs thèmes pertinents, y compris de perspective nationale.

Au centre des responsabilités de la Présidence de la Roumanie au Conseil de l’UE se trouvera l’actuel programme législatif de l’Union, à présent dans sa phase finale, exercice dans lequel la Présidence sera impliquée avec le Parlement Européen et la Commission Européenne. Ils y auront plusieurs dossiers législatifs qui demanderont un effort majeur pour leur finalisation avant les élections européennes de mai 2019. Afin d’identifier les formules de compromis dans le cadre du Conseil de l’UE et dans le dialogue avec le Parlement Européen, la Présidence de la Roumanie prendra la responsabilité lui revenant devant l’Europe des 500 millions de citoyens, pour la clôture de l’Agenda Stratégique établie en 2014.

En 2019, un cycle politique de cinq ans arrivera à sa fin et un nouveau cycle commencera. La mesure dans laquelle l’Agenda législatif de 2014 sera reflété dans les décisions adoptées au printemps 2019 constituera l’un des éléments évalués lors de l’exercice démocratique des élections du Parlement européen.

La Présidence de la Roumanie au Conseil de l’Union Européenne pourra ainsi porter sa contribution à la définition des repères du prochain cycle financier pluriannuel post-2020. Les propositions de la Commission Européenne, présentées en mai-juin 2018, entreront dans une phase cruciale – peut-être même finale – de négociation politique entre janvier et juin 2019. Ce budget pluriannuel devra pourvoir pour l’Union les ressources nécessaires pour atteindre ses objectifs durant les sept années suivantes. L’engagement de la Présidence roumaine, autant au niveau politique que technique, ainsi que la coopération avec le Conseil Européen, le Parlement Européen et la Commission Européenne peuvent se prouver importantes pour le résultat final des négociations.

A part cet engagement, l’effort demandé à la Présidence sera signifiant durant les négociations des 37 dossiers de législation sectorielle qui devront être finalisées à temps afin de permettre la préparation et le lancement de l’utilisation des fonds UE le 1er janvier 2021.

A ce sens, selon la décision des dirigeants européens qui sera adoptée à la réunion du Conseil Européen du 28-29 juin 2018, concernant la vitesse de l’engagement du processus de négociations du Cadre Financier Pluriannuel 2021-2027, la manière dont la Présidence de la Roumanie au Conseil de l’Union Européenne se rapportera à ces très importantes négociations différera. Néanmoins, dans les deux cas, la Roumanie reste pleinement engagée à faire les efforts nécessaires pour réaliser, durant son mandat, des progrès notables dans la négociation du Cadre Financier Pluriannuel post-2020, de tel façon que les programmes financiers puissent commencer le plus vite possible et les projets financés produisent des effets positifs sur la croissance économique.

Le 29 mars 2019, dans un des moments les plus marquants de l’histoire de la construction européenne, à partir des traités constitutifs des années ‘50, la Grande Bretagne quittera l’Union Européenne. Les discussions concernant le futur de l’Europe après le Bréxit ont commencé au Conseil Européen de Bratislava en 2016. Le Président du Conseil Européen a avancé ces discussions, spécialement en base du Programme des Dirigeants. La Roumanie hébergera la réunion informelle du Conseil Européen de Sibiu, durant laquelle les dirigeants européens établiront les priorités et les directions stratégiques de l’Union pour les années à suivre. La Roumanie présidera aussi le Conseil de l’UE durant les trois premiers mois après la sortie de la Grande Bretagne de l’UE.

Dans une année de changements pour le Parlement Européen et la Commission Européenne, la Présidence de la Roumanie au Conseil de l’UE sera un des points de stabilité et de continuité dans l’Union.

Organisant en Roumanie les réunions ministérielles et des hauts fonctionnaires, nous aurons l’occasion de proposer et d’encourager des débats et les changements d’idées aux sujets politiques, économiques et sociaux qui offriront le contexte nécessaire à l’entrée dans une nouvelle phase du projet européen pour les dix prochaines années.

La conception de l’agenda de travail de la future Présidence est axée sur la perspective selon laquelle toute vision du futur doit être construite autour des principes fondamentaux ayant guidé l’évolution de l’Union Européenne au fil du temps.

Au centre de la construction européenne sont les 500 millions d’habitants des États Membres, et l’agenda de travail de la Présidence de la Roumanie au Conseil de l’UE aura eu premier plan le citoyen européen.

Les efforts de la Roumanie se concentreront surtout sur les dossiers législatifs et non-législatifs à impacte direct et immédiat sur la vie quotidienne des citoyens.

Jean Monnet, un des pères fondateurs de l’Union Européenne, disait, au sujet de la construction communautaire, que „Nous ne coalisons pas les états mais nous unissons les gens”.

L’objectif commun est d’apporter du bien-être et de la stabilité au citoyen européen, or nous avons besoin aujourd’hui, plus que jamais, d’identifier les politiques européennes spécifiques apportant des bénéfices dans la vie de tous les jours de ceux et celles que nous représentons.

Ce n’est pas par hasard que le processus de conception du Programme de travail de la future Présidence a démarré au niveau national par des amples consultations et débats publics facilitées entre autres par la création d’un Forum dédié.

Au-delà de la valeur évidente des idées convoyées à cette occasion, l’exercice a visé de faire transmettre un message public concernant le nécessaire et longuement attendu engagement des citoyens roumain dans la préparation de l’exercice par la Roumanie, pour la première fois, de la Présidence du Conseil  de l’Union Européenne.

Voici pourquoi la Roumanie par son activité en tant que Présidence du Conseil de l’UE, poursuivra l’obtention des résultats tangibles pour les citoyens et la mise en valeur des bénéfices qu’une Union solidaire, forte et cohésive peut apporter à chacun et chacune.

La Présidence roumaine au Conseil de l’UE poursuivra également le rapport permanent des politiques de l’Union au principe de la cohésion entre les États Membres et les différentes catégories socio-économiques.

Nous avons en vue la cohésion en tant que valeur commune européenne mais aussi en tant que l’expression de l’unité entre les états et les régions de l’Union Européenne.

Comme indiqué dans le traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne, la promotion de la convergence économique, sociale et territoriale est essentielle au développement harmonieux, équilibré et durable de l’Union en réduisant les disparités structurelles entre les différentes régions et en promouvant l’égalité réelle des chances pour tous les citoyens.

En préface du „Livre Blanc sur l’avenir de l’Union”, le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, évoquait le principe de l’unité des États Membres, notant que « en décidant où nous allons, nous devrions nous rappeler que l’Europe a toujours été au meilleur de sa forme quand nous avons fait preuve d’unité, de courage et de la conviction que nous pouvons façonner notre avenir ensemble ».

Outre les propositions des dirigeants européens en matière de formulation des thèmes d’intérêt de Présidence, la Roumanie considère le citoyen en tant que source mais aussi en tant que fin.

D’autre part, au niveau du contenu, la formulation des thèmes a pour principal objectif de faire en sorte qu’ils correspondent aux principes consacrés dans les traités et servent les intérêts de tous les citoyens européens.

Au même temps, les priorités de la Présidence de la Roumanie au le Conseil de l’UE sont reliées à l’agenda législatif de l’Union Européenne pour pour assurer leur mise en œuvre au niveau européen.

Le programme de travail se concentrera sur quatre piliers principaux:

(1) assurer un développement durable et équitable pour tous les États Membres par un niveau plus élevé de convergence, de cohésion, innovation, numérisation et connectivité;

(2) le maintien d’une Europe sûre;

(3) le renforcement du rôle global de l’UE et

(4) l’Europe des valeurs communes.

Durant la préparation et l’exercice de la Présidence, la Roumanie maintient un dialogue constant avec le Parlement Européen, la Commission Européenne, les États Membres et les acteurs sociaux afin d’assurer les conditions nécessaires à l’atteinte de ces objectifs ambitieux.

Concernant le premier pilier – assurer un développement durable et équitable pour tous les États Membres – la stimulation de la convergence dans le cadre de l’UE est un objectif qui doit continuer à bénéficier d’une attention spéciale; car essentiel pour la croissance de la qualité de la vie des citoyens européens ainsi que pour leur rapprochement du projet européen. Toutes les démarches entreprises au niveau européen et national devraient être comprises dans l’objectif général commun de générer la convergence réelle dans toute l’Union.

Il y a un large consensus au niveau de l’UE concernant la nécessite de consolider la convergence entre les États Membres ainsi qu’entre les régions celle-ci permettant, d’un côté, de rendre plus efficace le fonctionnement du marché unique européen et, d’un autre côté, d’assurer une réponse commune au niveau de l’UE, en termes de politiques et d’instruments institutionnels, pour l’objectif du renforcement de la compétitivité de l’UE au niveau global. La stimulation de la convergence au niveau de l’UE aura au même temps l’effet implicite de créer les prémisses optimales pour la croissance de la cohésion européenne.

Le contexte déterminé par le Bréxit et renforcé dans la perspective des négociations concernant le futur Cadre Financier et les propositions de consolidation future de l’Union Économique et Monétaire est un particulièrement favorable à l’avancement des objectifs liées à la croissance et à la convergence.

Les dossiers compris dans l’objectif „Europe de la convergence”, permettront à la Roumanie de promouvoir une approche inclusive, intégrante dans l’avancement des discussions au niveau de l’UE et d’agir dans la direction de la stimulation du consensus sur une série de dossiers sensibles pour les États Membres.

La continuation des mesures dans la direction de la finalisation de l’Union Bancaire, ainsi que le développement de l’Union des Marchés de Capital pourront représenter une opportunité pour la Roumanie, dans sa qualité de Présidence du Conseil de l’UE, de contribuer à l’orientation du focus sur l’approfondissement du projet européen, y compris de la perspective d’une réponse efficace et coordonnée de l’Union aux évolutions au plan international.

De cette perspective de „l’Europe de la convergence”, la dimension sociale devrait représenter une composante principale de tout effort de croissance de la compétitivité de l’Union dans son ensemble et de jouer ainsi un rôle important dans toutes les politiques liées au marché interne.

L’innovation a également un potentiel important pour contribuer à la création d’emplois, renforcer la compétitivité des entreprises sur les marchés mondiaux, améliorer la qualité de la vie et générer une croissance durable. Dans cette perspective, la Roumanie entend soutenir les efforts visant à renforcer le cadre de soutien et de stimulation de l’innovation au niveau européen.

Au même temps, la mise en place d’un véritable marché unique numérique est une priorité majeure, pleinement justifiée par la nécessité de développements économiques, sociaux et sécuritaires.

Cela devrait tenir compte de la nécessité de réduire considérablement la fracture numérique entre les États membres, entre différentes régions et catégories de citoyens européens et entre différents secteurs industriels.

La Roumanie soutiendra l’objectif consistant à approfondir le marché intérieur, objectif qui a été assumé et convenu politiquement au niveau de l’Union Européenne, une priorité de la présidence roumaine au Conseil de l’Union Européenne, afin de garantir sa pleine fonctionnalité, correcte et efficace, y compris du point de vue des quatre libertés fondamentales – personnes, biens, services et capitaux.

Aussi, le fonctionnement efficace de l’Union Européenne et la réalisation des objectifs économiques, sociaux et de sécurité dépendent du maintien de la compétitivité de l’industrie européenne et du maintien d’un niveau d’interconnexion adéquat sur le marché intérieur, une priorité justifiée par les développements au niveau européen, particulièrement dans les domaines de de l’énergie, des transports et des télécommunications.

De ce point de vue, une des priorités majeures de la Roumanie visera le développement et la création, lorsqu’elles manquent, des liens fonctionnels entre l’Est et l’Ouest ou entre le Nord et le Sud, afin de permettre, d’un côté, l’accès non discriminatoire aux ressources et aux bénéfices de l’adhésion à l’UE et, d’un autre côté, le soutien durable de la compétitivité augmentée de l’économie européenne.

La bonne interconnexion des pays d’Europe centrale et du sud-est avec d’autres régions européennes peut être assurée en renforçant la visibilité des stratégies macrorégionales, notamment en relançant la stratégie de l’UE pour la région du Danube.  Dans ce contexte, la superposition du mandat de la Roumanie à la Présidence du Conseil de l’UE au premier semestre de 2019 et du mandat de la Roumanie à la Présidence tournante de la Stratégie de l’UE pour la région du Danube d’octobre 2018 à octobre 2019, offre l’occasion de promouvoir sur l’agenda européen la valeur ajoutée de la coopération régionale et le développement de la cohésion territoriale, économique et sociale par le biais des stratégies macrorégionales et de la stratégie de l’Union Européenne pour la région du Danube.

Du point de vue de la compétitivité, le développement du marché intérieur appelle également à renforcer la politique industrielle de l’Union Européenne. L’industrie européenne a besoin d’une politique à long terme avec un horizon d’au moins 2030, tenant compte de la diversité de la base industrielle actuelle dans l’UE et de l’impact de l’évolution de la numérisation et de l’intelligence artificielle.

Le deuxième pilier – La sécurité interne de l’Union Européenne est l’un des points d’intérêt prioritaire de la Roumanie et sera au cœur de nos préoccupations.     

Assurer la sécurité des frontières externes est l’une des garanties les plus importantes pour le bon fonctionnement de l’espace de liberté, de sécurité et de justice, et la mise en œuvre du mécanisme d’évaluation Schengen, des systèmes d’information développés par l’UE et leur interopérabilité revêtiront une importance particulière sur notre agenda.

Nous essaierons d’explorer de nouvelles manières de résoudre ce thème, de sorte que la gestion d’un flux cohérent et unitaire des flux migratoires restera un problème important.

Les situations d’urgence que les États Membres ou l’Union ont gérées au cours des dernières années ont montré qu’une intervention immédiate et efficace nécessitait une coopération plus étroite entre institutions, l’accent mis sur la sauvegarde des victimes et l’assistance médicale d’urgence accordée.

Parallèlement à la bonne mise en œuvre interne de ces mesures, il conviendra d’évaluer les moyens de renforcer la coopération avec les pays tiers en matière de sécurité, étant donné que de nombreux défis en matière de sécurité ne connaissent pas des frontières, et nous faisons ici référence à la lutte contre les cyberattaques, contre le phénomène de radicalisation ou la prévention des activités terroristes.

Dans un monde de la numérisation accélérée, la Roumanie est intéressée à travailler sur la question de la protection de la sécurité des citoyens dans l’espace virtuel. La révision de la stratégie de l’UE en matière de cybersécurité a créé une bonne base pour améliorer la coopération au niveau européen sur le terrain, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires pour renforcer la résilience de l’Union face aux cyberattaques.   

La cybersécurité ne peut plus être optionnelle et les politiques publiques ainsi que tout projet lié à la société informationnelle doivent prendre en compte la composante cybersécurité.

Enfin, la Roumanie sera en mesure de faire progresser la vision de l’avenir de la sécurité de l’Europe en fixant des objectifs stratégiques pour l’espace de liberté, de sécurité et de justice pour l’horizon post-2020.

Dans ce contexte, le profil général de l’UE dépendra fondamentalement du rythme de mise en œuvre de la stratégie globale et de l’efficacité de ses divers instruments.

Pour l’efficacité de l’action extérieure de l’UE, la Roumanie poursuivra la consolidation des initiatives en cours visant, entre autres, à développer les capacités de défense de l’UE, telles que le Processus Annuel d’Analyse de la Coordination de la Défense – CARD, le Fonds Européen de Défense, la Coopération Structurée Permanente – PESCO, en promouvant un partenariat plus étroit entre l’UE et l’OTAN. Une attention particulière sera accordée à la coordination entre le civil et le militaire, qui est un domaine d’excellence pour l’UE, ce qui implique la continuation des activités sur la ligne du perfectionnement des capacités civiles de l’UE.

La Roumanie poursuivra ses activités en matière de renforcement de la résilience, de lutte contre les menaces hybrides et de renforcement des capacités de communication stratégique, y compris de manière intégrée.

Une attention particulière sera accordée à la composante externe du cadre financier pluriannuel, aux futurs instruments financiers d’aide extérieure et à l’identification d’options permettant d’adapter les méthodes de travail du Conseil.

L’objectif est d’accroître l’efficacité des programmes menés dans le cadre de l’action extérieure de l’UE, les reliant aux perspectives budgétaires pouvant être utilisées.

Pour la consistance de la politique de l’UE dans son voisinage, le Partenariat Oriental constituera, à son tour, une priorité de la Présidence, y compris par le biais du fait que durant ce mandat nous fêtons son 10e anniversaire.

De point de vue thématique, la Présidence roumaine accordera attention à l’extension des bénéfices des Accords de Libre Échange en vigueur ou de l’interconnectivité avec les pays les plus avancés du Partenariat Oriental.

Un accent particulier sera mis sur la consolidation des réponses concrètes que l’UE pourrait les offrir aux aspirations de la République de Moldavie.

En accord avec cette idée, Présidence visera à contribuer à une plus large prise de conscience des avantages du soutien par les citoyens et les autorités de l’objectif européen, en plaidant en faveur de la mise en place des conditions nécessaires au maintien de la perspective européenne de la République de Moldavie dans des paramètres crédibles.

Il est important de réaffirmer l’importance de la Mer Noire dans l’agenda européen, notamment de la perspective de faire avancer les projets de l’Initiative des Trois Mers ou de revitaliser la Synergie de la Mer Noire à l’avenir.

Sont visés autant la visibilité politique que l’engagement concrète de l’UE dans des projets régionaux de succès.

Pour ce qui est des engagements de l’UE, la Roumanie accordera une attention particulière au soutien de la perspective européenne des Balkans Occidentaux en faisant pression pour une nouvelle phase de la politique d’élargissement, notamment en soutenant les efforts de réforme, de démocratisation et de réconciliation de la société des Balkans Occidentaux. Cela représente un investissement dans la stabilité et la prospérité régionales, constituant un intérêt stratégique dans un plan plus large pour l’Union, mais également pour la Roumanie, en tant qu’État se trouvant à proximité immédiate, bien placé pour promouvoir et soutenir efficacement les multiples avantages de l’adhésion à l’UE.

Concernant le partenariat transatlantique, les lignes d’action poursuivront la réflexion de l’importance cruciale de la relation transatlantique dans le maintien de l’ordre multilatéral mondial, l’importance du renforcement du droit international et le rôle de l’UE dans le soutien du multilatéralisme efficace au niveau régional.

En outre, le renforcement de la relation UE-ONU s’impose; suite aux priorités communes en matière de renforcement de la gouvernance mondiale, du développement durable et de la poursuite de la paix.  L’exercice de la Présidence par la Roumanie au Conseil de l’UE et le fort profile de la Roumanie à l’ONU favorise la formulation d’objectifs visant à renforcer la coopération UE-ONU, dans un certain nombre de domaines, allant du maintien de la paix à la mise en œuvre de l’Agenda 2030 et à l’appropriation le rôle du promoteur dans la préparation du rapport de l’UE pour le forum politique de haut niveau de 2019 sur l’évaluation de la mise en œuvre de l’Agenda 2030.

Enfin, dans l’exercice du mandat de la Présidence au Conseil de l’UE, la Roumanie poursuivra la promotion de la cohésion en tant que valeur commune de l’UE, soulignant l’importance des fondements de la construction européenne pour restaurer la confiance des citoyens.

La promotion des valeurs inscrites dans les Traités, telles que la cohésion, l’égalité, la liberté, la démocratie, la dignité humaine, la justice, la solidarité, peut contribuer à la lutte contre les discours eurosceptiques, populistes, nationalistes, racistes, xénophobes et antisémites et peut apporter un soutien réel au projet européen.

En outre, l’utilisation durable du potentiel local dans les politiques de développement est un autre projet que la Présidence de la Roumanie au Conseil de l’Union européenne souhaite soutenir.

Dans le contexte de la mondialisation, les particularités locales fournissent une identité aux communautés mais représentent en même temps un moyen d’attirer des activités économiques.

A ce sens, la Roumanie, en tant que Présidence du Conseil de l’UE soutiendra fermement les efforts dirigés vers l’objectif d’une Union plus démocratique, ayant comme but d’assurer l’égal traitement poursuivi par tous les États Membres et par tous les citoyens européens, d’approcher le processus décisionnel de Bruxelles plus des citoyens et de rendre plus efficace le fonctionnement de l’UE.

Dans l’exercice de son mandat, la Roumanie poursuivra une Présidence efficace, assumant le rôle de médiateur impartial et de facilitateur de consensus dans l’accomplissement des attributions liées à la direction des travaux du Conseil et dans l’avancement de l’agenda européen.

La Roumanie agira en partenaire actif et constructif, partant de la prémisse d’une approche unitaire, transparente, inclusive, favorable à la continuation du renforcement du projet européen, soutenue par les autorités roumaines, par les citoyens et la société dans son ensemble.

Mesdames et Messieurs,

Ces quatre piliers ne sont pas exclusifs Des propositions peuvent en être ajoutées. L’important c’est qu’à la fin de notre action nous réussissons à imposer ces objectifs sur l’agenda européen et de retrouver les résultats de nos démarches dans les décisions prises par les institutions européennes.

La Présidence de la Roumanie au Conseil de l’Union Européenne est uniquement un pas dans notre tentative d’élever le profile européen de la Roumanie et de nous ériger au niveau des responsabilités qui reviennent à un pays dont le poids au plan européen ne sera que plus important après le Bréxit.

Finalement, je souhaite remercier encore une fois le Secrétariat Général du Conseil, la Commission Européenne, le Parlement Européen ainsi que les autres Présidences tournantes pour la coopération fructueuse dont nous avons appris tellement. Fermement convaincue que seulement „l’union fait le pouvoir” – je vous invite de continuer à travailler ensemble pour avoir une Présidence de succès de la Roumanie au Conseil de l’Union Européenne!

Je souhaite aussi remercier tous les leaders et les représentants des formations politique du Parlement car, il y a quelques semaines, les deux commissions pour les affaires européennes du Sénat et de la Chambre des Députés ainsi que la Commission Spéciale Commune pour la préparation des activités parlementaires nécessaires à la préparation de la Présidence du Conseil de l’Union Européenne ont unanimement offert leur soutien pour les thèmes résultant du processus de consultation publique réalisé cette dernière année.

Puisque cette année nous célébrons le Centenaire de la Grande Union, je crois qu’il est impératif de suivre l’exemple de nos ancêtres et de montrer qu’au tour des projets d’intérêt national nous savons surpasser les différences pour montrer) nos partenaires européens et aux citoyens que nous représentons ce dont la Roumanie en est capable de faire pour la réussite du projet européen.

Ne manquons pas la chance qui nous est offerte, rejoignons nos efforts, osons plus pour une Roumanie européenne et forte!

Je vous remercie!

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